Homélies et réflexions de l'abbé Richard Depairon

Homélies dominicales et réflexions de l'abbé Richard Depairon

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samedi, novembre 26, 2005

1er dimanche de l'Avant, année B


Aujourd’hui, on m’a chargé de vous annoncer une bonne nouvelle : Le Seigneur vient !

Pourtant, les textes de ce premier dimanche de l’Avent semblent faire peu de cas de la fête de Noël. C’est qu’on a du mal à lire entre les lignes.
La première lecture évoque l’absence de Dieu qui suscite d’abord le désarroi : « Reviens Seigneur pour l’amour de tes serviteurs ». C’est un cri du cœur. Paul ne manque pas, au surplus, de préciser que même cette absence est une grâce : elle nous met en marche, provoque la conversion, la persévérance, la confiance et l’espérance. Ainsi, ce manque, ce vide, dont nous faisons si souvent l’expérience, préparent la venue du Seigneur, car ils nous mettent en appétit, ils nous forcent à voir plus loin.
En effet, après l’enthousiasme du retour d’exil, c’est la désillusion pour tout le peuple de l’Alliance : les rapatriés sont trop peu nombreux, trop pauvres pour rebâtir le temple de Jérusalem. Dieu paraît absent. Le peuple tout entier crie sa désolation, sa plainte. C’est l’expérience de l’absence de Dieu.
Par moment, encore aujourd’hui, il nous arrive de ne pas très bien comprendre Dieu. Certains vont même douter de Dieu ou Lui en vouloir pour son silence. « Veillez ! », nous dit Jésus. Et pourquoi ? Jusqu’à quand ? Mais on finit toujours par revenir à Lui, parce que Dieu est notre Père. Parce qu’on ne saurait vivre sans Lui. « Nous sommes l’argile, et tu es le potier : nous sommes tous l’ouvrage de tes mains. » C’est l’acte de foi.
À chaque jour, le même combat. À chaque instant, la même profession de foi. C’est ainsi que s’implante solidement, petit à petit, la vie du Christ dans notre monde. Pas de retour extravaguant, pas d’apparition spectaculaire, ni de révélation nouvelle, seule une promesse, une présence silencieuse qui se laisse désirer, une vie qui se fait attendre, une Parole qui se fait proche, voilà ce qu’est Noël !
Je crois que si l’Écriture nous présente la venue du Christ comme imminente, c’est parce qu’elle est permanente. Le disciple du Christ est constamment sollicité. Toujours, il devra rendre compte de l’espérance qui est en lui, car toujours il sera habité par la vie de Dieu. Il n’aura de cesse de chercher, constamment en marche, tendu vers la sainteté, car c’est seulement ainsi qu’il trouvera le repos.
Vu sous cet angle, toute notre vie est un Avent. Nous attendons notre rendez-vous avec le Seigneur de l’Histoire. Il se fait attendre ? Tant mieux ! Nous aurons tout le temps de lui prouver notre amour.

-- Depuis le 15 décembre 2004 --