Homélies et réflexions de l'abbé Richard Depairon

Homélies dominicales et réflexions de l'abbé Richard Depairon

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samedi, décembre 24, 2005

25 décembre, jour de Noël


"Ce qui était caché, nous est maintenant révélé..."

Après la lumière de la nuit, voici l’éclat du soleil en son midi.
Le « mystère » apparaît plus riche encore, plus grandiose à mesure que nous nous en approchons.
On court annoncer le message de la Bonne Nouvelle, tellement l’événement marque notre Histoire.
Eh oui, après les ruineuses guerres, le messager annonce la paix, le salut.
Nous sommes sauvés ! Éclatez en cris de joie. Fêtez, jubilez, arrêtez de pleurer. Le Seigneur a consolé son peuple, consolé au sens fort de racheté, libéré. Chantez, acclamez, sonnez, jouez sur la cithare ! Voici que le Seigneur se révèle, fait connaître son plan d’amour. Même Paul en a le souffle coupé, tant il est émerveillé. Car « souvent, dans le passé, Dieu a parlé à nos pères par les prophètes sous des formes fragmentaires et variées : mais, dans les derniers temps, dans ces jours où nous sommes, il nous a parlé par ce Fils qu’il a établi héritier de toutes choses. »
Ce qui était caché, nous est maintenant révélé : « Au commencement était le Verbe. » On pourrait traduire : au principe, à l’origine, était la Parole, c’est-à-dire le Christ, « expression parfaite du Père ». De sorte qu’« après la Loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. »
Le miracle est si grand, si magnifique, si extraordinaire, qu’on ose à peine y croire. Plus qu’une philosophie, plus qu’une idéologie, plus qu’une vague promesse, à Noël, « le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire ».
Et si ce n’était que ça ! Mais encore, il a grandi parmi nous. Il a vécu notre faiblesse, notre fragilité, nos doutes et nos espoirs, nos luttes et nos échecs. Ce faisant, il nous a ouvert un monde nouveau. En nous, il vient demeurer et rendre possible nos rêves les plus fous ! En un mot, le Verbe a partagé notre humanité pour nous faire partager sa divinité.
Or, Ce Dieu qui vient chez nous, saurons-nous l’accepter, l’accueillir ? Pas seulement à la messe de Noël, mais au cœur de notre vie. « Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu. », précise le Prologue de Jean. Déjà le drame de la croix se pointe à l’horizon. Plus qu’une adhésion intellectuelle, plus qu’une pratique rituelle, ce que Dieu réclame, c’est toute notre vie ! Au-delà des discours et des promesses, Dieu veut habiter notre monde.
Comment taire une telle Nouvelle, comment ne pas s’émerveiller d’une telle annonce, comment ne pas vibrer au rythme du mystère de l’Incarnation et crier au monde entier combien Dieu nous aime. Car, le disciple du Christ ne saurait se contenter de vivre sa foi de façon isolée. Si Dieu s’est fait chair, s’il se rend visible à nos yeux, c’est pour que s’opère un changement profond en notre humanité. Par Lui, avec Lui et en Lui, transformons notre monde par notre manière de vivre l’Évangile.

-- Depuis le 15 décembre 2004 --