Homélies et réflexions de l'abbé Richard Depairon

Homélies dominicales et réflexions de l'abbé Richard Depairon

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vendredi, janvier 06, 2006

L'Épiphanie, 8 janvier

C'est une belle histoire que celle que nous rapporte l'évangile de Matthieu. Elle a frappé l'imagination de toutes les générations chrétiennes, à tel point que, de ces Mages dont parle l'Évangile, on a fait des rois, on a supposé qu'ils étaient trois, on leur a même donné des noms : Melchior, Gaspard et Balthasar. Or, il se trouve que la liturgie d'aujourd'hui ne s'appelle pas la « Fête des Rois », ni même la « Fête des Mages », mais l'Épiphanie, un mot grec qui signifie « Manifestation ». Cette fête, dans le prolongement de Noël, est comme une réflexion sur le grand mystère révélé par la personne de Jésus Christ.
Pourtant, Dieu n'a pas attendu l'histoire de Bethléem pour se révéler. Par la raison humaine en effet, il est possible de connaître quelque chose de Dieu. Il suffit de regarder la création, de contempler le miracle de la vie. Pas besoin d’être un grand philosophe pour comprendre que la vie doit avoir un commencement. Déjà, au temps d’Aristote, on admettait la nécessité d’un premier moteur immobile. De la création, il suffit de remonter au Créateur. Ainsi donc, Dieu se laisse découvrir à l’humanité à travers son œuvre.
Avec les prophètes et les patriarches, la connaissance de Dieu atteint une nouvelle dimension. Ici, c’est Dieu qui fait alliance avec son Peuple. Il ne s’agit plus tellement de connaître Dieu par la raison seulement, mais d’adhérer à une Parole. L’acte de foi se vérifie par la fidélité à la Loi qui devient la balise et la norme pour rester libre. Pourtant, même là, il était encore difficile d’imaginer la manifestation de Noël.
Avec l’Enfant de Bethléem, le voile du mystère disparaît. C’est l’étonnement pour qui ose croire en l’incarnation du Fils de Dieu. Marie, Joseph, Élizabeth, les bergers puis les Mages n’en finissent plus d’être surpris, d’être renversés par cette révélation : Dieu au milieu de nous, Dieu avec nous, Dieu pour nous. Plus encore, « ce mystère, comme le dit Paul, c’est que les païens sont associés au même héritage…, au partage de la même promesse… ». De sorte que pour le chrétien, la foi, ce n’est pas seulement de croire que Dieu existe, mais bien d’avantage, de croire que chacun personnellement existe pour Dieu. Ici, Dieu vient faire éclater tous les cadres, toutes les frontières pour faire de nous ses héritiers.
Ainsi donc, le pèlerinage de ces Mages, sages astrologues s’il en est, culmine vers cet enfant qu’ils viennent adorer. Reconnaîtrons-nous à notre tour Celui qui est au milieu de nous et oserons-nous adhérer à son mystère ?

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